40 ans de futurs

1961  - 1971 : la création du CNES et ses premières réalisations

Après le lancement en 1957 du premier satellite artificiel Spoutnik-1 par l'Union Soviétique, une grande ambition anime à son tour la France et les Etats-Unis la conquête de l'espace. En 1961, le Centre national d'études spatiales (CNES) voit le jour, concrétisation d'une oeuvre menée depuis plusieurs décennies.
En effet, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des études spatiales se développent ça et là, sans coordination, mais aboutissant entre autres à la conception de la fusée Véronique. Cette fusée-sonde est destinée à étudier la haute atmosphère jusque vers 70 km. Le premier lancement de cette fusée aura lieu depuis la base d'Hammaguir, dans le Sahara, en 1952.


En 1958, le retour au pouvoir du général de Gaulle donne une nouvelle impulsion à la recherche scientifique, la recherche spatiale n’étant pas oubliée. Le professeur Auger obtient en juillet 1961 l’accord du général de Gaulle pour la création d’un organisme public. La future agence française de l’espace sera chargée de regrouper des activités jusqu’alors dispersées et de négocier des accords internationaux. La loi créant le CNES est adoptée le 19 décembre 1961.

" En 1960, le délégué général à la Recherche scientifique et technique m’a demandé de m’occuper de l’espace parce que l’on manquait en France d’organismes chargés de faire ce genre de recherches. J’ai créé un petit comité et je me suis rendu compte qu’il fallait un organisme officiel pour lequel j’ai choisi le nom de CNES, parce que cela sonne bien. J’avais remarqué qu’il était important que le sigle sonnât bien.

Fusée sonde Véronique-N sur sa table 
de lancement en 1959


Avec le comité, j’ai fait les plans d’un premier lanceur de satellites que l’on appelait Diamant. Il fallait que je présente mon projet au gouvernement français. […] Le président de la république a dit : " Est-ce que cela servira aux télécommunications ? ". Puis il a demandé son avis au ministre des PTT. Ce dernier a répondu " Cela ne vaut pas la peine que la France se mêle de cela, l’Amérique lance des satellites, la France n’a qu’à lui demander de l’aider à faire des satellites de télécommunications ". Le général de Gaulle a fait une petite grimace, s’accrocher aux Américains n’était pas du tout son affaire. Il a dit : " Très bien, nous allons voir ". [...]


Le professeur Pierre Auger, président du CNES 
en 1962 (2ème à gauche) avec l'ambassadeur des Etats-Unis.

Le général de Gaulle a alors déclaré que si la France devait entrer dans le jeu, il fallait créer un Centre national d’études spatiales. Il m’a nommé président, m’a demandé de mettre en route le projet Diamant et a dit " Allez-y ! " puis est sorti. Cela a suffi. "
                                                                                                                     
Pierre Auger

Le Général Robert Aubinière, premier
directeur général du CNES de 1962 à 1971.

 

 

Les premiers responsables du CNES :

Jean Coulomb, présidence
Robert Aubinière, direction générale
Jacques Blamont, direction scientifique et technique
Michel Bignier, direction des affaires internationales
Edouard Sallé, direction administrative et financière
Louise Blosset, service de l’information et de la documentation
Michel-Yves Bernard, service des relations universitaires


 

Le 26 novembre 1965, le lancement de la première fusée Diamant-A emportant le satellite A-1 (Astérix), depuis la base d’Hammaguir, permet à la France de devenir la troisième puissance spatiale mondiale derrière l’Union Soviétique et les Etats-Unis.

 

 

 

Ce succès est complété par la mise en orbite du satellite scientifique FR-1, au moyen d’un lanceur américain, le 6 décembre de la même année. Ce satellite s’inscrit dans un programme d’expériences destinées à étudier la propagation des ondes électromagnétiques à très basses fréquences. Conçu pour une période de trois mois, le satellite fonctionnera deux ans et demi. Le CNES, avec l’aide de la NASA, apprendra à maîtriser des technologies jusque là inconnues en France.


Le CNES développe également un important programme de ballons, très intéressants pour explorer la stratosphère ou effectuer des mesures in situ. S’inspirant de techniques américaines, les premiers ballons sont lâchés dès 1961 dans les Yvelines, à Minneapolis et aux Iles Kerguelen. 

Dès lors, les membres du service d’Aéronomie recherchent une base opérationnelle pour les lancers de ballons en métropole. Le site d’Aire-sur-l’Adour sera finalement retenu.


La Direction du CNES reste centralisée à Paris, en revanche les autres établissements sont répartis en province et en Guyane. Deux centres techniques, à Brétigny-sur-Orge et à Toulouse sont implantés.


Le centre de calcul de Brétigny


Le CSG en construction

 Le site de Kourou sera retenu comme base de lancement, la proximité de l’équateur étant idéale pour placer sur orbite géosynchrone les satellites de télécommunications.


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© CNES 17/12/2001